Pays-Bas : la biennale d'art de Sonsbeek sur les traces du travail colonial
La prestigieuse biennale d'art contemporain de Sonsbeek aux Pays-Bas vient d’ouvrir ses portes. Un an plus tard que prévu, en raison de la pandémie de coronavirus, la ville historique d’Arnhem à de nouveau accueilli le festival. Intitulée "Labour and it's Sonic Ecologies", "Le travail et ses écologies sonores", cette nouvelle édition intègre à sa programmation l’abolition de l’esclavage dans les Antilles néerlandaises. L’initiative a été prise par une équipe internationale de commissaires ambitieux parmi lesquels le camerounais Bonaventure Ndikung, commissaire camerounais réputé pour être engagé politiquement. Ndikung a déjà été co-conservateur de Dak'Art et commissaire de la biennale de photographie de Bamako. "Nous voulions aussi nous pencher sur l'histoire du travail, examiner l'entreprise coloniale, regarder l'asservissement des gens, les personnes qui ont été enlevées du continent africain, et emmenés dans un soi-disant "nouveau monde", forcés de travailler pour enrichir les autres. Quand vous regardez Arnhem, où se passe Sonsbek. On voit beaucoup de répercussions de l'histoire de l'asservissement. La maison derrière moi, le Schloss Zipendaal, est l'un de ces endroits, un château construit grâce au travail des esclaves" a révélé Bonaventure Ndikung. Antonio Joze Guzman, originaire du Panama et basé à Dakar, il a réalisé une performance complexe dans les rues de la ville néerlandaise. Cette œuvre en mouvement est inspirée de l'histoire des plantations coloniales d'indigo dans les Caraïbes. La photo Triptich Mnguni du photographe sud-africain Buhlebezwe Siwani a été prise sur une plage des Pays-Bas. Il s'agit d'une réflexion sur la gestion d'un nouvel espace après que l'artiste ait récemment quitté l'Afrique du Sud pour s'installer aux Pays-Bas - l'Afrique du Sud a été colonisée par des colons néerlandais au XVIIe siècle. " Cette photo symbolise le fait de se situer sur une nouvelle terre et d'être un corps étranger ".Mais il s'agit aussi du corps qui a été colonisé, ainsi que du corps colonisé qui colonise l'espace colonial". 40 artistes ont exposé leurs œuvres et 200 autres se produiront au cours des trois prochaines années de cette double édition lors de la programmation spéciale intitulée "Conjugaison". Autre performance, celle d’Hadassa Ngamba, originaire de Lumbumbashi en République démocratique du Congo, une réflexion sur les ressources minières de son pays. "Il y a une rhétorique dans mon pays - on dit que les minerais vont nous apporter du miel et du lait ce que ne jamais existé - c'était la promesse de multinationales mais à la place on a eu des dettes et des dettes énormes. Je peins avec ma coiffure parce que je me suis inspiré d'une tradition africaine des femmes Himba de Namibie. Pour moi la faire de peindre avec mes cheveux - c'est un pouvoir de conquérir - les esprits, l'espace." Les artistes de la biennale de SONSBEEK vont continuer la conquête jusqu’à 2024.